
On connaît surtout de Doisneau quelques clichés vendus à des millions d'exemplaires sous forme de cartes postales: Le Baiser devant l'hôtel de ville ou La Dent. L'oeuvre de Doisneau est pourtant beaucoup plus vaste. Une partie de l'oeuvre de ce photographe humaniste né en 1912 concerne la banlieue parisienne de l'après-guerre aux années 1970. Elle est aujourd'hui remise à l'honneur par une exposition de la Fondation Henri Cartier-Bresson à Paris. L'objectif de Doisneau témoigne de l'évolution et de l'histoire d'un espace qui intéresse la géographie française depuis longtemps.
Il nous laisse entrevoir par moment l'existence d'une réalité qui n'est plus repérable sur les cartes d'aujourd'hui: les bidonvilles des années 1950-60. En effet, ils ont progressivement disparu dans les années 1970 avec la construction de grands ensembles dont la destruction a été entamée dans le cadre de la politique de la ville à partir des années 1990. Cette partie de l'oeuvre de Doisneau doit être replacée au sein de l'histoire beaucoup plus vaste des représentations de la banlieue dans l'art photographique et cinématographique du second vingtième siècle. C'est ce que tentent de faire les historiens Tangui Perron et Benoît Pouvreau dans un article paru sur le site de l'association culturelle Périphérie.